Complétement conditionnée !

Bonjour à tous !
J’ai dans l’idée de faire plusieurs post assez courts mais du coup plutôt réguliers je l’espère, pour agrémenter les post plus longs. Bref ! Peut-être même quelques illustration parfois. On verra par la suite !
Je crois que tout ça me monte à la tête ! Je me plais tellement dans ma mission de cheftaine, je suis tellement à fond… peut être un peu trop !
Aujourd’hui, voici en quelques étapes comment se faire remarquer, à la fac dans mon cas, mais dans n’importe quel lieu public, ça marche très bien aussi. Vous êtes las de la routine universitaire ? Que vos cours ne se résument qu’à s’assoir dans un coin de l’amphi, prendre des notes ou dormir, puis à se lever quand le cours se termine et disparaitre dans la foule anonyme ? Las de n’être qu’une tête de plus, au milieu de cette centaine d’étudiants ?
Pour vous, j’ai trouvé LA solution. Devenez cheftaine ou chef ! Vos p’tits loups vous mettront dans la tête des dizaines de chansons de Jungle, incroyablement profondes et intelligentes ! De cette manière, lorsque l’ennui de l’amphi (bien connu) vous gagnera, ce seront ces chants là que vous entonnerez sans vous en rendre compte, accompagné(e) certainement du reste de votre maitrise qui se sera peut-être près de vous…
Et ce jusqu’à ce que, levant la tête, vous vous aperceviez que non seulement le prof a interrompu son cours et vous regarde de façon outrée, mais presque l’ensemble des étudiants ont tourné la tête vers vous ! Et c’est à ce moment-là vous prendrez pleinement conscience que vous étiez en train de chanter bien fort « C’est moi Kaa le serpent jaune », « Tiens tiens tiens Akéla qui vient », « C’est nous les Loups, les Loups, les Loups, les petits Louuups », et d’autres bijoux musicaux du louvetisme.
Testé et approuvé !

« Eh Dianou, on va bosser à la BU ?            
– Ouaip, mais Anne-So elle est où ?            
– Elle est là-bas : Eh, BALOOOOOOOO ! »

A bientôt ! 🙂

Petite info !

Juste un petit post pour faire circuler une info :

Pour ceux qui ne connaissent pas encore, qui veulent rire, raviver leurs souvenirs, les partager, qui sont fous de nos petits Loups, il existe un endroit pour ça sur notre cher réseau Facebook :

Ça s’appelle Perles de louveteaux !

Surtout n’hésitez pas à leur envoyer les perles de vos Loups, histoire qu’on rigole ! 🙂

Le bonsoir à tous !

Ce début d’année

Bonjour à tous, gros vide de ma part ces derniers temps… Je vais rattraper ça ! En étant plus régulière, quitte à faire des post plus courts, et peut être d’un autre genre par la suite 🙂

Je n’ai pas pu aller au camp de la clairière cet été… Quand on a un petit emploi saisonnier, même pas la peine de demander à poser des congés ! Mais inutile de vous dire à quel point j’ai hâte de faire le camp de l’été prochain !

Que de choses se sont passées pour moi en quelques mois ! La rentrée du scoutisme de mon district, quelques-unes de nos louvettes sont passées aux guides, mon premier week-end avec ma clairière… Et autant de découvertes !

Pour commencer, je vais vous dire deux mots sur la rentrée de mon district, enfin disons les grandes lignes ! Nous l’avons fait au mois d’octobre. C’était une journée merveilleuse (pluvieuse) dans un très très bel endroit (boueux). Nous devions être à peu près entre 300 et 350 louvettes, louveteaux, guides, scouts, chefs et cheftaines. Je n’en avais jamais vu autant rassemblés (eh oui, je ne voyais le scoutisme que de loin avant ça…). Que c’était beau ! Cette foule de bleu marine, bleu clair, et beige. Ponctués de mats de meute, de staffs et de drapeaux. Quelques parents étaient présents tout le long, la plupart ayant des responsabilités dans notre district (trésorerie par exemple). Cette rentrée s’est déroulée sous la forme d’un petit pèlerinage, par unité. C’était l’occasion pour nous, enfin surtout pour moi, de faire connaissance avec les louvettes. Elles sont très différentes les unes des autres, il y a les téméraires, les aventurières ! Les calmes, douces, sages… Les chipies ! Mais aussi les effacées, celles qui regardent leurs pieds quand on leur parle. Je pense que nous devons faire bien attention à ce que ces petites filles là soient bien intégrées dans la clairière. Tout autant que pour les quelques pattes tendres qui nous ont rejoint cette année ! Qu’elles sont chou !

Et ô grand constat durant cette rentrée : les louvettes et les louveteaux… Quelle grande histoire d’amour ! Hum hum. A l’âge où « les garçons c’est trop nul ! » et « les filles c’est trop nul ! »… Pas la peine de leur dire que dans quelques années ce sera totalement différent ! En attendant louvettes et louveteaux se détestent, rivalisant sur qui criera le plus fort, qui gagnera tel ou tel jeu… « zérooo zéro zéro zéro zérooo zéro zéroooooo ! » chantent-ils tous en se croisant ! Et nous autres chefs et cheftaines, tentant d’apaiser tant bien que mal cette rancœur bon enfant, sauf quand certains chefs encouragent leurs louveteaux dans cette rivalité… alors là plus de pitié ! Les louvettes sont les meilleures, ouais !!! Mais notre Akéla calme vite le jeu à chaque fois ! « Mais Akéla, ce sont eux qui ont commencé ! »

Ce fut une excellente journée pour nous tous, les louvettes sont rentrées harassées de fatigue !

Autre moment fort de ces derniers mois : ce fut la montée aux guides de quelques louvettes. Je n’ai pas vraiment eu le temps de les connaître, mais j’ai quand même été emportée dans l’émotion commune de ces instants. L’émotion des louvettes qui quittaient leur clairière mais qui étaient ultra impatientes de découvrir la vie de patrouille, l’émotion de la clairière qui voyait partir quelques-unes des leurs, l’émotion des cheftaines, et surtout celle de notre chère Akéla qui voyait grandir ces louvettes qu’elle connaissait depuis quelques années déjà. Et bien sûr celle des parents pleins de fierté pour leurs petites !

J’ai sursauté lors du Grand Hurlement… Je ne m’y attendais pas du tout ! Il faut dire que cette louvette a du coffre…

« AKELA, de notre mieux, de notre mieux mieux, oui mieux mieux mieux mieux ! »

Ou quelque chose dans ce genre-là ! J’ai encore une fois failli faire partir en fou rire Anne-So ! Elle n’arrête pas de se marrer à chacune de mes surprises… Diane aussi d’ailleurs ! (à ce propos je suis tellement heureuse de vivre tout ça avec ces deux là ! On a une maitrise de ouf !)

C’était assez étrange de me retrouver, lors du rassemblement, dans la rangée des cheftaines, avec toutes les guides et les louvettes en face de nous. Malgré tout ce qu’on m’a dit pour me rassurer, j’avais légèrement l’impression d’être en imposture. J’en ai parlé par la suite avec Diane, et elle m’a ôté ce sentiment, mais je suis à présent presque honteuse d’avoir ressenti ça ! Je ne vais pas m’en sortir ah ah !

Donc beaucoup de choses à digérer pour moi en ce début d’année ! Il faut dire que ça a commencé assez vite et assez intensément. Mais aussi énormément de bonheur, le sentiment d’être utile, de servir les autres, de faire la volonté de notre Seigneur !

Et plus directement… Je m’éclate, tout simplement !!!

La suite de mes aventures bientôt !

Raksha 😉

Première sortie

 

 

Bonjour ! Grande absence de ma part, ayant pour cause des vacances extrêmement chargées aux quatre coins de la France… Je n’ai donc pas pu finir et publier cet article qui, en cette fin d’été, n’est plus trop d’actualité, mais tant pis ! C’est quand même un grand plaisir pour moi de l’écrire, et j’espère pour vous de le lire ! Bonne lecture (et bon courage pour ceux qui reprennent cours ou boulot !) 🙂

Page Facebook !

 


 

Après un dur réveil, la messe étant assez matinale, un petit déj consistant, une préparation de déjeuner express car je n’ai plus de temps, je saute dans « mon » uniforme, j’attrape mon sac, mes clefs, un dernier coup d’œil dans le miroir (trop bieeen !), et je sors. Je traverse les deux rues qui me séparent de ma voiture. Pendant que je marche, d’un pas pressé, je surprends quelques sourires et j’entends vaguement de loin un « Eh, scout toujours ! ». Ça me fait sourire à mon tour. Peut-être que c’était une moquerie, mais je suis tellement de bonne humeur que je n’y prête guère attention. J’atteins enfin mon fier moyen de locomotion, c’est-à-dire ma vieille clio quelque peu défoncée sur le côté droit, en souvenir de la première fois où mon cher frère a voulu voir si entre ces deux poteaux, ça passait. Contact, ceinture, démarrage. Il y a environ 30 minutes de route pour arriver au lieu de rendez-vous. J’ai des petites pointes au cœur. J’espère que je ne gafferais pas. J’espère que les louvettes vont m’apprécier. Je ne sais même pas à quoi je dois m’attendre ! Alors autant essayer de ne pas trop y penser. En arrivant j’aperçois l’église, le parvis.

Je distingue de mieux en mieux au fur et à mesure que je m’approche (tout en regardant la route hein, je conduis prudemment, non mais), une bonne quinzaine de petites filles toutes de bleu vêtues, coiffées de leur petits bérets, certains façon tarte, d’autres en mode champignon qui s’écroule. Et au milieu, Diane et Marguerite, qui papotent tout en gardant un œil sur les louvettes qui discutent, rient, font la ronde, font coucou à leur parents qui repartent après les avoir déposées. Petites têtes brunes et blondes, tiens, même une rouquine dans le lot ! Quelques-unes arrivent encore. Mes amies ont l’air de deux perches au milieu de toutes ces petites. Je vais garer la voiture, et je me décide, à rejoindre les filles… Je marche d’un pas pas très assuré, je me demande ce que je vais dire en arrivant, je vais sûrement  faire un « Eh salut les filles ! » en mode méga cool, la fille détendue, tout ça, enfin c’est pas la colo non plus hein, donc on verra… Je suis à l’apogée de ma capacité d’excitation mêlée de stress. C’est un moment important parce que le premier. Je regarde les louvettes en m’approchant, c’est vrai qu’elles sont toutes trop mignonnes. Diane me vois, et viens à ma rencontre :

– Ah Raph ! Alors il nous manque Anne-So, qui arrive avec les deux dernières louvettes, on devrait être à l’heure pour la messe, ça va le faire. Donc, n’oublie pas que je suis Akéla, Marguerite Bagheera et Anne-So Baloo. Il faut qu’on te trouve un nom de jungle à toi aussi, j’ai pensé à Raksha, ça te va ? Ça commence comme ton prénom en plus, c’est cool, au moins tu réagiras quand elles t’appellent, parce que je t’assure que ça m’arrive de ne pas comprendre tout de suite que c’est moi qu’elles sollicitent quand elles appellent Akéla. Je sais ça craint ! Bon voilà, je vais te présenter pendant le rasso tout à l’heure, là je pense qu’on aura pas le temps avant la messe. C’est trop cool !

Et bla et bla et bla.

– Salut Marguerite ! On fait quoi, la bise ? Ok la bise. Je sais pas moi hein, il faut que vous me guidiez les filles, je suis en total terrain inconnu là.

Anne So arrive enfin, les deux louvettes descendent, se dirigent vers nous. Et comme je suis à l’extrémité de notre petit groupe, elles se dirigent vers moi en premier. Oups. Et voilà une petite frimousse blonde qui s’avance jusqu’à moi et me tend la main… gauche. What ??? Gros bug de ma part, donc je rectifie et lui tend moi aussi la main gauche. Voilà. Ah, elle porte sa main à deux doigts à sa tête, me regarde d’un air interrogateur, et passe à Marguerite. J’ai la curieuse sensation d’avoir foiré quelque chose là. Je me tourne vers Anne So et Diane, les deux tentaient tant bien que mal d’étouffer un fou rire et de rester sérieuses : « ah ta tête ! Avec tes petits yeux perdu, trop chou Raph ! », oui bon ça va… Comment faut faire en fait ?

– Alors déjà tu serres la main gauche, et avec ta main droite tu fais le salut louvette/louveteau, c’est-à-dire l’index et le majeur en l’air, et le pouce sur les deux autres doigts, comme ça. Ah bonjour Emmanuelle !

Bonjour Akela !

Ok, deuxième tentative avec la petite Emmanuelle. Serrage de main gauche, ok. Avec tout le naturel dont je peux faire preuve, nickel ! Et salut… Raté. J’ai fait une espèce de crispation de main, génial. Petit fronçage de sourcils surpris de la louvette. Aaaah je suis ridicuuule au secours !!!! Je vais le faire toute seule en regardant mes doigts, c’est trop bizarre ça. Super le schéma corporel absolument pas intégré à 20 ans. Du coup, les 22 autres saluts se passent bien, je suis soulagée, j’ai pas complétement perdu toute crédibilité auprès de toute la clairière.

Avant de rentrer dans l’église, petit topo de la part de Marguerite sur le salut des louvettes et louveteaux.

Tu as le pouce, la mère, la louve, qui couvre, donc protège ses louveteaux, l’annuaire et l’auriculaire. Et puis l’index et le majeur sont les oreilles du loup dressées, pour bien entendre, la loi de la meute et tout. Et aussi deux loi louveteaux : faire de son mieux, et une bonne action tous les jours. C’est chouette hein ?

Oui, complètement 🙂

Les paroissiens commencent à affluer dans l’église, on entre à notre tour, et on s’installe, sous les regards aimables et attendris de l’assemblée. On se réparti au milieu des louvettes, environ une cheftaine par rang. Une très belle messe, j’en ressors toute pleine et légère à la fois.

A la sortie, on se dirige chez une des paroissiennes qui nous prête son jardin. Enfin, son immeeense jardin. Son champ serait plus exact. Sa plaine. Vous avez compris l’idée. Diane siffle un bon coup dans son sifflet :

– Les louvettes, vous posez vos sacs sous cet arbre, et on va faire un rasso !

Un quoi ? Un rassemblement donc. Curieuse chose. Les louvettes se mettent par groupes derrière des buissons, des arbres, ok donc elles tentent de se cacher on dirait. Akela, Baloo et Bagheera se mettent en ligne, je me mets à côté de Bagheera. Diane place une louvette devant nous, celle qui porte le mat, ce grand bâton avec un loup en haut, affublé de plein de rubans. Akela dit :

– Charlotte, met toi un peu plus à droite, voilà, super comme ça. Meuuute meute meuuuuuuute !

Et les louvettes répondent en chœur : MEUUUUUUUTE !!!

Et une chanson, dont je n’ai pas entendue toutes les paroles… Pendant qu’elles tournent autour de nous pour que nous formions peu à peu un carré, bien proportionné. Ou pas vraiment en fait !

– Les loups de notre..?!

– MIEUX !

S’en suit une inspection des louvettes par Diane. Ça donne à peu près ça :

Marie, ton béret ? Philippine ton ceinturon c’est pas le bon, je te l’ai dit dix fois déjà, j’en reparlerais à tes parents tout à l’heure. Et Anaïs il faudrait vraiment que tu penses à dire à ta maman de coudre les bons insignes, je vois que tu as toujours ceux de ta clairière de l’année dernière… Et Thaïs ne te cache pas je te vois ! J’aimerais que tu roules correctement ton foulard, c’est pas très très correct ça ! Et ton ceinturon tu ne l’as pas ? On voit que c’est bientôt les vacances les puces, ça ne va pas là !

Et quelques louvettes qui tentent de justifier : j’étais chez mes cousins cette semaine, j’ai oublié mon béret là-bas… Tu sais Akéla je l’ai dit à maman déjà mais elle a dû oublier… Et puis moi j’arrive pas à rouler mon foulard toute seule alors je voulais le faire avec les filles Akéla…

Diane les sermonne gentiment, leur demande de reprendre place correctement et annonce :

Les louvettes, comme vous pouvez le voir, nous avons une nouvelle cheftaine. Elle s’appelle Raksha, elle sera là l’an prochain aussi, alors elle vient prendre ses marques. Je compte sur vous pour être des louvettes exemplaires et lui donner envie de rester parmi nous !

Bonjour Rakshaaaaa !

J’observe attentivement chaque louvette pendant le reste du rasso. Elles sont tellement mignonnes, tellement attentives à tout ce que Diane leur dit, appliquées à exécuter les gestes, les paroles du rassemblement, certaines un peu maladroitement ! J’en vois une ou deux dans chaque sizaine qui nagent dans leurs uniformes, je me demande bien à quoi servent les ceinturons qui flottent autour d’elles, sous l’ombre de leurs berets qui semblent immenses sur leurs toutes petites têtes ! Je vois aussi les plus grandes des sizaines, la responsabilité que leur confère leur rôle de sizennière à l’air de les rendre très fières, mais aussi deux fois plus attentives, avec une attention très fraternelle et peut être aussi maternelle envers les plus jeunes. Elles sont toutes très belles. Je suis d’un coup moi aussi très fière de participer à cette fraternité, de pouvoir aider à amener ces louvettes à être de superbes petites filles. Les très grandes sœurs, les cheftaines, les plus petites sœurs, les sizennières, et les toutes petites sœurs, il me semble que ce sont les pattes tendres. Comme c’est chou ça aussi ! Aller Raph, redescends ! Les rangs vont être rompus on dirait…

Bonne chasse petits loups !

BONNE CHASSE AKELA !!!

Oups, encore le salut ! J’ai fait ça en décalé du coup. Et comme j’étais noyée dans mes pensées, je n’ai absolument pas écouté ce que Diane a prévu pour la sortie. Bien ouéj Raph. Je vais donc demander discrètement à Marguerite, de peur de faire criser Dianou, qui déteeeeste répéter les choses.

Euuh Bagheera, j’ai pas hyper écouté Diane, on va faire quoi là du coup ?

– Là on va manger ma vieille !

On se met donc toutes en cercle, un beau bénédicité d’une des sizaines (les bruns il me semble). Le repas est le moment pour moi d’aller à la rencontre des louvettes, et pour elles de venir à la mienne. Le courant passe tout de suite, je me sens bien, là où je dois être ! Et je me répète mais… Elles sont trop chouuuuu !

Une nouvelle prière à la fin du repas, certaines pattes tendres ont encore de la compote plein le museau. Et puis j’ai assisté à un bousillage de cordes vocales : BONNE DI BONNE DI ? GESTION ! ALLONS FAIRE LA ? VAISSELLE ! AVEC DU PEC CI ? TRONELLE !

Ah ouais. Pas si délicates et discrètes ces louvettes !

Je vais me renseigner sur les prochaines étapes du programme auprès de Diane, avec mon air le plus désolé possible.

J’étais sûre que tu ne m’avais pas écoutée ! T’en fais pas ! Là on va faire un Rocher du Conseil. Tu vas voir, on va juste se mettre sur le tronc là-bas, c’est une sorte de petit point morale, un mini enseignement des fois, là on va lire un petit passage du Livre de la Jungle.

En effet, les 48 petites oreilles grandes ouvertes écoutent attentivement un bout d’histoire, où Bagheera explique à Mowgli l’importance de la nature, de l’autre… En gros, en très très très résumé. Puis un petit partage sur ce qu’on comprit les louvettes, petit topo, atterrissage sur une loi louveteau, répétée en chœur par les louvettes, quelques exemples  de situation. Très pédagogique, j’aime bien ! Surtout que juste après, elles ont dû ratisser tout le jardin où nous étions, afin de ramasser quelques détritus qui se seraient envolé, et de débarrasser le terrain des quelques branchages dont il était parsemé. J’ai compris qu’il s’agissait de la BA. Il y en a quand même une qui a mis une petite statue de jardin sur la pile de détritus… Mais qu’est-ce que tu fais Blandine ? Beh Baloo, ça trainait !

Après ce Rocher du conseil, s’en est suivi un enchainement de jeux aussi variés qu’incongrus, agrémenté de quelques expéditions aux toilettes. Et oui. Les louvettes se sont déchainées au ballon prisonnier-dauphin dauphine-mimes-béret-et même foot ! Nous autres cheftaines avons joué à quelques jeux, arbitrés d’autres, et puis étendues dans l’herbes, avons estimé qu’à présents, elles devaient se débrouiller seules, ça les fait grandir, et nous ça nous repose. Enfin, de mon côté, pas très convaincue, j’ai gardé un œil dans leur directions. Je suis admirative de l’implication dont elles font preuve. Elles sont volontaires pour chaque jeu, se précipitent pour faire ce qu’on leur demande, et même les quelques réticentes qu’il pourrait y avoir finissent par être entrainées par leurs amies. Elles se font grandir les unes les autres.

A la fin de la journée, sur les 16H30, après un goûter bien mérité, Diane souffle dans son sifflet, et de nouveau un rassemblement se forme. Il se déroule comme celui du début de la sortie, mais celui-ci se termine dans la prière. Les gris ont préparé une prière. On récite donc le Notre Père, on confie toutes nos intentions au Seigneur, pour nos famille, pour l’Eglise, pour le pape, pour le cousin d’une telle qui est malade, pour la tante d’une autre qui va se marier cet été, pour la maitresse de CM2 de l’école d’une autre encore qui part à la retraite… Les intentions fusent. Et même la petite Bénédicte qui, les yeux fermés, dit :

Pour que Raksha soit contente de nous et revienne à la rentrée.

(Non non, j’ai pas les yeux humides, c’est la poussière.)

Puis elles ont chanté :

Seigneur Jésus qui nous aimez si tendrement,

Donnez-nous la grâce d’aimer comme vous,

Rendez nos cœurs joyeux pour chanter vos merveilles,

Nos mains habiles pour servir,

Nos yeux très doux pour consoler,

Et nos oreilles toutes attentives à vous écouter.

Accordez-nous de vivre toujours de notre mieux.

Amen.

 

AMEEEEEN !

Les parents commencent à arriver, Diane prend vite à part les sizennières, surement pour leur parler du camp.

Comme le matin, nous saluons les louvettes pour leur dire au revoir (cette fois un zéro faute de ma part, yes !). Je rencontre aussi les parents :

– Vous êtes nouvelle ?

– Oui en effet, j’étais assistance probatoire aujourd’hui, mais je serais là définitivement dès la rentrée.

– Merci beaucoup en tout cas, les filles avaient tellement peur que la clairière ferme !

La dernière petite part, on va remercier chaleureusement les propriétaires du magnifique jardin, je serre dans mes bras mes amies, je dois vite partir, oui parce que je suis ENCORE très en retard (babysitting…), je leur promet de les appeler au plus vite. Pendant que je m’éloigne, Anne-So me crie :

– Mais alors, c’est bon, tu viens de sûr ?

– Ouais meuf ! C’était parfait !

Et Diane qui saute les bras levés : YES !!!

 

Je suis heureuse !

 

 

 

 

Mes débuts

Bonjour (bonsoir) ! Donc, un nouvel article aujourd’hui, où je rentre enfin vraiment dans le vif du sujet… Ce sera en deux articles, tout d’abord un premier sur mes « préparatifs » ! N’hésitez pas à vous rendre sur la page Facebook pour ne rater aucune publication, et bien sûr à commenter, etc… Bonne lecture ! 🙂

 


 

C’est encore une merveilleuse idée de mes merveilleuses copines qui m’a merveilleusement angoissée. Un mercredi soir, aux alentours de 20h15, un appel de Diane :

– Saluuuut Raph, ça va ?

– Oui Dianou merci, et toi, quoi de neuf ?

– Meuf, je viens de rentrer, je suis allée prendre un café avec Pierre, j’ai tellement de choses à te raconter ! Je crois qu’il a compris ce que je pense de lui, mais il est tellement classe si tu savais, et hyper réservé, trop beau, enfin tu vois quoi. Bon bref, c’est pas pour ça que je t’appelle, j’ai pensé à un truc. Dimanche on a une sortie louvettes, c’est la dernière de l’année avant le camp, alors ce serait sympa que tu viennes non ? On ferait les présentations, tu verrais les petites, tout ça tout ça quoi ! Ça te dit ? Et puis on va s’éclater, tu ne voudrais pas manquer ça hein ?

Ouiiii ! Bonheur. Ah, du stress. Ah et bien voilà, de l’angoisse. Parce :

 Une fois que j’y serais… Que dire, quel rôle j’ai en fait, qu’est-ce que je vais devoir faire ? Aaaaah ! Et puis trouver le lieu de la sortie sans se perdre ! Mais surtout, et avant tout, se procurer un uniforme… Aller on se calme !

Le plus dur : réunir tous les morceaux de l’uniforme, à ma taille, avant dimanche. Evidemment, j’exclu tout de suite l’idée d’en acheter un, parce qu’en 3 jours c’est pas vraiment faisable. Ouch. Bon et bien, je vais emprunter alors ! Et c’est parti pour les coups de fil, les SMS ou les messages sur Facebook à tous mes contacts qui font ou auraient fait du scoutisme, d’Europe de préférence (je ne veux surtout pas faire tâche devant les louvettes demain), et de préférence récemment parce que la jupe culotte en 12 ans, comment dire…

« Salut ! Comment tu vas ? Ouiii ça fait longtemps (bon j’avoue, hypocrisie bonjour !) ! Dis-moi, tu étais guide non ? »

Et figurez-vous que j’ai rempli ma mission dans les temps, j’ai réunis toutes les pièces nécessaires, je contemple mon butin étalé sur mon lit, samedi soir, et je commence à tout enfiler. C’est-à-dire :

Une jupe culotte marine, immense en fait, qui pourrait faire parachute si je tombe d’une falaise, j’en suis sûre, mais cela dit hyper confortable et disposé à couvrir mon anatomie quel que soient mes mouvements. Cool, ça, c’est du fonctionnel 🙂 !

Un chemisier bleu ciel, et les insignes qui vont avec (pas celles de la clairière où j’irais, mais il s’agit d’un prêt, donc il ne faut pas exagérer non plus), que je rentre dans la jupe culotte. Voilà… Je me dis que je vais avoir chaud. Ah oui, je vais retrousser les manches, ce sera mieux. Le scout est toujours prêt à rendre service aux autres, yeah ! 🙂 et le premier bouton je le laisse ouvert… le scout est accueillant et est l’ami de tous, re-yeah !

Un beau ceinturon, je remarque d’ailleurs qu’il y a pas mal de trucs écrits dessus, du genre « camp trop génial, trop contente d’avoir fait ta connaissance. Ségo » ; « Vive le Roy ! M.M » agrémentés de quelques smiley, ou encore des petits traits et points successifs. Ah oui, du morse ! Trop fière d’avoir reconnu, mais moins de ne pas savoir le décrypter. « Boucler son ceinturon, c’est accepter librement une discipline, c’est être prêt à partir. » Merveilleux !

Je passe autour de mon cou le foulard que m’a donné Claire, en le nouant comme Diane me l’a expliqué : deux nœuds, appelés « nœuds de foulard ». (Ça tombe bien, en effet.) Pour la petite histoire, c’est avec l’aide d’Anne-So que je l’ai roulé, n’étant pas initiée à la fameuse technique. Enfin je devrais plutôt dire : c’est Anne-So qui l’a roulé pendant que j’avais l’impression que mes deux dents de devant se déchaussaient progressivement.

Le pull traine encore sur mon lit, mais je décide de l’y laisser, vu la température extérieure, pas sûr que ça serve beaucoup. Je me contemple dans le miroir. Pas mal du tout. Ah oui, le béret, la touche finale ! Encore mieux ! Wahou !

J’envoie une photo à Diane et Anne-So :

Alors, j’ai l’air d’une vraie hein ?

Je suis tellement content e ! Je me sens super bien dans cet uniforme. Avec de la fierté même. Je m’y sens là, je m’y crois. Le fait d’être « dans la peau » d’une cheftaine, je prends conscience que je vais enfin pouvoir faire ce dont j’ai envie depuis quelques années. C’est vraiment génial, et je ne parviens pas à m’arrêter de sourire. Je me sens vraiment super à l’aise là-dedans, c’est top ! J’ai porté l’uniforme bien deux ou trois heures encore, en courant, dansant, m’asseyant, me levant, m’allongeant, vive le ridicule, heureusement que je n’ai personne en vis à vis… Puis je l’ai retiré, plié soigneusement, et posé dans mon placard à une place spécialement rangée (c’est-à-dire avec des piles de fringues relativement stable, même si elles se prennent un peu pour des tours de Pise). Je prépare mes bonnes vieilles converses. Toute prête pour le lendemain !

Alala, c’est génial, je suis tellement impatiente d’être demain ! Un peu de stress bien évidemment, mais ce n’est que du bonheur. Je me couche toute contente, après avoir relu les instructions de Diane pour se rendre à l’église du fameux village, et j’ai du mal à m’endormir.

 

 


N’hésitez pas à me faire part de vos réactions, idées, témoignages…

🙂

C’est partiii !

Samedi, il est à peu près midi. Je marche dans la ville avec Diane, Anne-Solenne et Marguerite. On se dirige vers la maison de Claire. Alors, Claire. Il s’agit de la cheftaine de district de la clairière des filles. Ou cheftaine de groupe. Je ne sais plus. Et je ne sais pas vraiment quel est son rôle en fait. Je sais juste qu’elle est plus âgée que nous, et… C’est tout. Je pense que c’est comme une « grande cheftaine ». Toujours est-il que jeudi, Anne-So a eu la merveilleuse idée de demander à Claire si je pouvais venir déjeuner avec elles. Les filles m’ont dit que régulièrement Claire les invitait toutes les trois, que c’était une femme géniale, adorable, avec un cœur immense comme ça. Et selon elles, ce serait pas mal que je la rencontre, au sujet de vous savez quoi. Elles lui ont déjà parlé de moi avant ce déjeuner, et Claire serait enchantée de me rencontrer, et surtout enchantée que je n’aie pas prononcé direct un « non » catégorique après la proposition de Diane et Anne-So. Ça s’annonce donc plutôt bien. Oui oui, sans aucune ironie.

Donc, on marche dans la rue. On est qu’au mois de mai, mais comme il fait déjà chaud, on s’est permit jupes et robes. En fait on est supers élégantes, fraiches, tout ça. Bon c’est vrai je nous kiffe un peu, mais bon il faut dire qu’on fait notre petit effet. Tiens, on arrive enfin chez Claire. Une magnifique maison en plein centre de la ville, avec une imposante façade blanche où grimpent des rosiers aux fleurs roses, rouges. La classe. J’aime tellement ces demeures, on imagine la fraicheur de l’intérieur, l’ambiance légère… Splendide. Et voilà Claire qui vient nous ouvrir, le sourire jusqu’aux oreilles.

–  Ah les filles vous êtes là ! Entrez vite, c’est tout juste près ! Et puis cette chaleur, dire qu’on n’est pas encore en plein été, aller entrez, il fait meilleur à l’intérieur !

Echange de bises, de « comment ça va ? », de « trop belle ta robe ! »

–  C’est donc toi la fameuse Raphaëlle ! Je suis très heureuse de te rencontrer ! C’est une très bonne idée qu’a eu Anne-Solenne.

On entre donc, une fois qu’Anne-So a fini de déballer tout ce qu’elle avait à dire (quelle bavarde celle-là !), au sujet des derniers mariages prévu cet été dans sa famille, des nouvelles naissances de sa paroisse, que c’est-trop-beau-tous-ces-bébés-j’en-veux-plein. On se met à table. C’est vrai que Claire est super. Elle est très à l’écoute, délicate. On bavarde, on rit (on mange aussi, oui oui). Puis Claire me dit :

–  Alors, il parait que tu pourrais remplacer Marguerite à la rentrée ?

–  Euh… Oui c’est ce que les filles m’ont proposé, mais je ne suis pas sûre encore… Vous savez je n’ai aucune expérience dans le scoutisme, j’ai peur de ne pas tenir la route.

–  C’est bien normal que ça te fasse un peu peur, mais crois-moi, c’est loin d’être infaisable ! Tu en as envie au moins ?

–  Oui bien sûr !

–  Bon et bien on va t’expliquer deux ou trois choses, et tu verras tu n’auras plus peur de ne rien savoir ! Qu’on profite d’être toutes rassemblées. Déjà il y a des tonnes de trucs que tu apprendras sur le tas, il suffit que tu suives ce que font Diane et Anne-Solenne, et ça suffira, vraiment rien d’insurmontable.

J’ai d’abord eu droit à un cours sur l’uniforme. Chaque signification, etc. C’est très important cet uniforme. Puis elles m’ont parlé de l’attitude. Pour ça, j’ai écouté Claire réciter ceci, ce que j’ai trouvé très beau :

Si tu ralentis, ils s’arrêtent,

Si tu faiblis, ils flanchent,

Si tu t’assieds, ils se couchent,

Si tu doutes ils désespèrent,

Si tu critiques, ils se démoralisent,

Si tu marches devant, ils te dépassent,

Si tu donnes ta main, ils donneront leur peau,

Et si tu pries, ils deviendront des saints.

En fait on comprend tout avec ce texte, sur le rôle du chef. Ça m’a énormément aidé à comprendre ce dans quoi j’allais éventuellement me lancer. Et c’est vraiment beau, je me répète mais voilà.

Ensuite elles m’expliquent un peu le fonctionnement de la clairière. Que c’est Diane qui est vraiment la cheftaine de la clairière. Akela. Les autres sont des assistantes, assistantes d’Akela. Enfin Anne-So a l’air de dire que c’était surtout théorique, parce que finalement elles se partagent très bien toutes les responsabilités. Bon ok. Donc, elles sont responsables des louvettes, s’en occupent, leur apprennent plein de choses, mais elles essaient au maximum de les laisser se débrouiller toutes seules. « Ce qui est sympa c’est que les plus grandes aident les plus jeunes, c’est hyper important. Et puis la clairière doit fonctionner comme une famille, c’est top. ». Claire prend la parole pour m’expliquer que dans une clairière il y a 4 « groupes » de louvettes : les bruns, les blancs, les gris, les noirs. Ce sont des sizaines, avec une sizenière à la tête de chaque sizaine, en général la plus âgée dans le louvetisme. C’est à peu près ce que j’ai retenu.

Etc etc etc… J’ai la tête qui touuuurne, tant elles enchainent les explications, anecdotes, toutes les quatre ! Mais c’est tellement passionnant !

Et Claire fini la discussion (qui a bien duré jusqu’à 16 heures) en évoquant ce que ça pourrait m’apporter, à moi. Elle dit que le scoutisme est « l’école de la réussite ». Qu’être chef est une expérience inouïe qui me sera utile toute ma vie, dans toutes les situations. Le travail en équipe, la vie « communautaire », la pédagogie, même sur un CV ça peut être utile ! Et puis dans ma vie personnelle, de famille… Que du bonus quoi. Donc j’ai aussi trouvé ça pas mal du tout.

Waw. Comment vous dire. Je sais que ce n’est pas qu’une simple activité, même si c’est le mot que je vais employer : je n’ai jamais autant adhéré immédiatement à une activité, à l’idée du moins. A tout le fonctionnement, les principes.

Après un peu de bavardage encore, notamment sur le prochain rallye louvetisme (je l’avoue, je ne sais pas encore ce que c’est), on remercie Claire chaleureusement. Puis au dernier moment elle me demande d’attendre, elle monte rapidement à l’étage et me tend un foulard en redescendant :

–  Tiens, c’est le tien. Je sais que tu n’as pas encore « signé » mais bon, j’ai pensé que ça pouvait être pas mal de te donner ton propre foulard, tu le mettras le moment venu si c’est ce que tu choisis. Et voilà mon numéro : si tu as des questions… Aller filez ! On se refait ça vite !

Retour à la maison. Enfin « la maison » c’est vite dit… A l’appartement de 30m² que j’occupe. Ma maison à moi, quoi.

Bzz bzz bzz

Ah, un appel. « Oui ? Ah salut Maman ! Oui tout va bien merci, à la maison aussi ? Ok super. Oui une bonne journée, j’ai des tonnes de trucs à te raconter, mais là j’ai pas trop le temps… Oui ? Dans deux semaines ? Oui d’accord, je serais là. Oui c’est une bonne idée de profiter du retour de Baptiste. Super. Oui. Je vous embrasse tous aussi ! » Baptiste, c’est mon frère, pour une fois qu’il n’est pas en vadrouille, Maman a eu l’idée de … Aaaah !!! L’heure !!!! Je vais être à la bourre encore !

Un samedi par mois, c’est aumônerie, après la messe. C’est géant cette aumônerie. On a un super groupe cette année, une vingtaine de jeunes de tous les horizons. Du tradi à la racaille, en passant par le chacha et la jeune convertie un peu baba. Un mélange absolument génial, ça fonctionne trop bien, on est hyper soudés, et ça fait du bien à tout le monde. Bref ! Vite à la messe. Merci mon Dieu ! Puis le repas à la salle. On a aussi un aumônier du tonnerre. Un jeune polonais super dynamique, increvable, qui court dans tous les sens.

Dans la soirée, un peu avant l’enseignement de notre polonais, je discute avec Joseph, un des gars de l’aumônerie, au sujet de « moi cheftaine or not ? ». Joseph, je ne l’ai pas choisi au hasard, il était scout de 13 ans à 17 ans. Sinon, c’est aussi un super ami, que je connais depuis très longtemps, on était dans le même rallye aussi. Donc je lui explique, que tu vois Joseph, je ne sais pas si je serais à la hauteur, je sais que j’ai sûrement l’air ridicule à me tracasser comme ça pour quelque chose que tu ne dois pas trouver si énorme que ça, mais dans ma tête ça se passe comme ça, c’est pas l’envie qui me manque ça c’est clair, mais des fois je vais même jusqu’à me dire que je prendrais la place de quelqu’un qui se débrouillera mieux que moi, alors je ne sais pas. Il a souri et il m’a dit :

Tu vois Raph, je comprends que tu t’inquiètes, mais je dois te dire que le scoutisme, c’est une grande famille. C’est ce qui est dit lors de la promesse, même. Et là cette grande famille, elle te tend les bras. Et franchement Raph, de toi à moi, c’est plus de l’enthousiasme que de la peur hein ?

Il est beau, Joseph, en fait.

Fin de la soirée d’aumônerie. Retour à l’appart. Brossage de dents, pyj’, p’tit tour sur Facebook. Tiens, Marie a encore mal fini une soirée, un peu naze ça. Mais Agathe a un nouvel appart !!! Enorme. Aller, dodo.

Texto à Diane et Anne-So :

Demain j’appelle Claire. A la rentrée je rejoins Akela et Baloo. Je vous aime les filles, good night !

 

Merci Seigneur pour cette journée, et pour toutes celles à venir, c’est toujours géant ce que tu fais pour moi.

 

 

 


 

Vos remarques, idées ont leur place ! 🙂

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Comment c’est arrivé

C’était un mardi. En fait je ne sais plus quel jour c’était, mais ça rend mieux de commencer comme ça. Et puis le mardi il y a droit social, et c’est fun comme cours, le prof est dingue. Ah oui, pardon : je m’appelle Raphaëlle, j’ai 20 ans, et je suis en deuxième année de droit. Enfin actuellement je suis en vacances (ah la fac…), car j’ai eu mon année, que de joie !

Donc, petit retour en arrière sur ce fameux jour où pour la première fois j’ai peut-être éventuellement envisagé de devenir cheftaine, avec des petites louvettes toutes mignonnes (c’est comme ça qu’on m’a vendu le truc, hein).

En fait, je n’ai jamais fait de scoutisme. Il faut savoir que ça fait quelques années que je me dis que ça m’aurait vraiment plu d’être guide d’Europe. C’est sûrement dû au fait que j’ai de plus en plus d’amies et d’amis qui sont ou étaient guides et scouts, alors des récits de moments « super fuuuns » et « trop cooools » et « qu’on oubliera jamais, de trop bon souveniiiiirs » j’en ai entendu par centaines ! Alors forcément, j’aurais aimé vivre des trucs comme ça moi aussi !

Même si je viens d’une famille super catho, pratiquante, personne chez nous n’a fait de scoutisme… Sauf un oncle, mais pas assez pour en faire un phénomène dans notre famille. Bref, le sujet était même un peu tabou, allez savoir pourquoi. Quoi qu’il en soit, j’avais renoncé à demander à être guide, et me contentais de les admirer. (Violons et mélodie triste, s’il vous plait).

A la fac, j’ai deux merveilleuses amies. Diane, et Anne-Solenne. Elles sont top. On rigole trop en amphi (on régresse parfois à la fac…). Et ces deux filles là, roulement de tambours… Sont cheftaines ! Et dans la même clairière. J’ai appris que clairière était le nom du petit groupe que formait 24 louvettes, l’équivalent de la meute pour les garçons, les louveteaux. Quand j’ai appris qu’elles étaient cheftaines, j’avoue ne pas avoir saisi le principe tout de suite… Je n’y connais pas grand-chose. Devant ma mine interrogative, elles m’avaient expliqué :

–  Tu vois Raph, après 17 ans c’est fini les guidouilles. Alors il y en a, comme nous, qui continuent. Bah voilà, du coup nous on s’occupe de petites louvettes, c’est les guides pour les petites si tu préfères. Elles sont trop choutes ! Tiens, regarde !

Diane m’a passé son portable, pour que je voie la photo : Anne-Solenne et une autre fille, entourées d’une dizaine de mini-guides, avec des cordes dans les mains.

–  C’était un jeu sur les nœuds, m’a expliqué Diane, elles se sont éclatées !

Voilà, après ça, j’ai eu à peu près tous les 15 jours le récit de leur week-end ou sortie. Ça avait vraiment l’air génial. Je me régalais à les écouter. Des fois il y avait des mots que je ne comprenais pas, ne connaissais pas, mais c’était sympa à écouter quand même. Ah oui, j’ai appris que dans le louvetisme, on « fonctionne » avec le Livre de la Jungle. Alors il parait que Diane et Anne-So se nomment Akela et Baloo. Et la troisième que je ne connais pas est Bagheera. Fun. En réalité j’ai trouvé ça un peu ridicule sur le coup, mais elles m’ont expliqué tout ce que ça comportait : les principes moraux hyper importants dans le Livre de la Jungle, le rapport à la nature, l’imagination de l’enfant, etc… Et vraiment, je trouve ça particulièrement génial. Absolument. (et tous les autres adverbes géniaux en « ent »). Et ce que j’aime aussi, et qui m’attire dans le scoutisme, et notamment le louvetisme, c’est l’importance de la foi.

Revenons à ce fameux « mardi ». Je suis arrivée avant les filles dans l’amphi. D’habitude elles sont toujours à l’heure, c’est moi qui suis à la bourre. (OUI je suis une grande adepte de la touche snooze).

Quand elles sont arrivées, elles avaient un air dépité, avec une pointe d’espoir, je dirais.

  –  Alors les filles, c’est quoi cette tête ? J’ai raté un truc ?

  –  La cheftaine de district vient de nous laisser un mail. Marguerite va à Lilles l’an prochain, elle est prise à Sciences Po.

Marguerite, c’est la fameuse Bagheera.

  –  Mais c’est génial ça ! Elle se gave cette fille. En vrai, qu’est-ce qu’il se passe ?

  –  Bah le truc, c’est qu’on se sent pas d’assurer que toutes les deux la clairière à la rentrée… Enfin c’est surtout moi (c’est Anne-So qui parle). C’est tout juste si je vais pouvoir avoir mon année, alors l’an prochain il va falloir que je mette les bouchées doubles, et ça va prendre sur mon investissement en tant que cheftaine. Et surtout, je ne me sens pas de tout faire porter à Diane, toute seule c’est trop de boulot.

  –  Donc on a peur de devoir fermer la clairière, a ajouté Diane.

  –  Sérieux les filles ? Mais il n’y a personne pour remplacer Marguerite ? Vous allez trouver quelqu’un c’est sûr !

  –  On a demandé à la cheftaine de district, elle a personne, c’est chaud. Mais on culpabilise à mort de laisser nos louvettes. C’est tellement important pour elles. Et pour nous.

Et là je vous assure, Diane m’a fait un de ces regards… Vous voyez le Chat Potté dans Shrek ? (référence de malade). Et bien le même regard. Et elle m’a dit :

  –  En vrai de vrai, on voulait te demander si toi, tu voudrais pas venir.

  –  Euh… Les filles vous savez que c’était un peu mon rêve, mais je ne pense pas que…

–  Aller steuplait ! (Anne-So) Elles sont trop mimi, trop gentilles, trop tout ! On s’éclate trop, et puis tu sais c’est top de leur apprendre plein de trucs, d’être responsable d’elles, tout ça !

  –  Oui c’est sûr, mais je ne sais pas si je vais pouvoir, vous me prenez de court là… Et puis j’y connais rien ! Rien de rien ! Non je ne pourrais pas.

  –  Mais t’inquiète ! Tu vas vite apprendre ! Tu verras c’est ultra simple, le fonctionnement et tout, non vraiment tu apprendras vite !

–  Attends Anne-So, (Diane a repris la parole), calme-toi un peu. Tu sais Raph, c’est pas rien comme engagement, et puis ça prend du temps, c’est une vraie responsabilité. Et c’est une décision qui t’appartient, on ne peut rien décider à ta place. Et on ne te met pas la pression, non mais c’est vrai, t’es lourde Anne-So. ‘Faut juste que tu saches que c’est une expérience de ouf. Et que tu serais plus que la bienvenue ! Avec tes deux potes en plus. Bon voilà ! Tu nous diras ça, mais rien ne presse.

  –  Ouais… Merci les filles. Et puis le prof commence à blanchir le tableau là.

Voilà. Voilà comment d’un coup, dans ma tête, je me suis vue à la place de Marguerite sur la photo du portable de Diane. En uniforme, fière de le porter, fière et heureuse de m’occuper de toutes ces petites filles. Après tout, pourquoi pas ? Pourquoi pas moi, pourquoi pas maintenant ?

 

 


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